La créatine pour avoir de gros muscles

"Puissance et Récupération garanties !", la créatine "permet de s'entraîner plus longtemps, plus intensément, retarde la fatigue et accélère la récupération, augmente les performances, la force et développe la masse musculaire" hurlent les vendeurs. Et les bodybuilders accourent, d'autant plus vite si c'est du made in USA. Pour gonfler, bomber et renfler ses petits muscles, la créatine c'est le produit miracle ! On en trouve partout, dans toutes les salles de musculation, dans tous les magazines bodybuildés ou sur internet, vantant ses mérites "extraordinaires". Pourtant, les études sur la créatine n'ont jamais fait la preuve des allégations fracassantes avancées. Même si on sait que le neurone du culturiste n'est pas familiarisé avec les faits et les études scientifiques, un minimum de rigueur et d'esprit critique nécessiterait de leur part de vérifier les déclarations des vendeurs par l'argent alléchés, et les publicités douteuses ou mensongères des magazines bodybuildés.

En effet, les études ne confirment en rien les arguments miracles des vendeurs de protéines, d'acides aminés et autres produits superflus, au sujet de la créatine. Notons tout d'abord que la créatine est contenue dans l'alimentation d'origine animale (poissons, boeuf, porc) à des taux de 4 à 5 g/kg et que sa biodisponibilité est totale, une supplémentation est inutile au sportif dès lors que ce dernier a une alimentation riche en produits carnés et en glucides. Une supplémentation augmente de 3% au maximum le poids corporel chez l'homme et de 10% au maximum la masse musculaire, mais par un effet de rétention d'eau intramusculaire et aucune étude confirmée n'a démontré qu'une supplémentation en créatine a un effet sur la synthèse protéique.

Les effets d'amélioration de la performance sportive concernent uniquement les exercices brefs et/ou répétés de haute intensité durant 15 secondes ou moins. Comme l'explique encore l'AFSSA "la supplémentation en créatine n'a pas d'effet démontré sur les épreuves de plus de 30 secondes relevant des filières énergétiques anaérobie lactique ou aérobie, aucun effet démontré sur l'endurance, terme devant être réservé aux seuls exercices en aérobie, ou sur la fatigue générale; la supplémentation en créatine n'a pas été suivie d'effet significatif sur les aptitudes ou performances physiques, dans la majorité des études réalisées chez la femme ou chez les seniors".

L'étude de conclure2 : "toutes les allégations, en particulier celles concernant la force, la vitesse ou la puissance maximale, les épreuves, exercices ou performances relevant des filières anaérobies lactiques (glycolyse anaérobie) ou aérobies, la lactatémie, l'ammoniémie, la synthèse protéique, la fatigue, la motivation, le tonus, la forme ou l'agressivité, ne bénéficient pas à ce jour de travaux scientifiques reconnus et validés et sont donc non fondées". Qu'à cela ne tienne, les vendeurs s'en moquent et continuent de fourguer leur camelote sous des prétextes fallacieux.


1- AVIS de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments relatif à la publicité portant sur des substances de développement musculaire et de mise en forme contenue dans un magazine spécialisé.
2- L'évaluation des risques présentés par la créatine pour le consommateur - Véracité des allégations relatives à la performance sportive ou à l'augmentation de la masse musculaire.

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