Les plantes dépolluantes

Les plantes dépolluantes font fureur dans les jardineries. Cactus, croton nervia, dracaena marginata, chlorophytum, spathiphyllum ou diffenbacchia, etc., vendues au détail ou par pack de plusieurs plantes à disposer dans chaque pièce, ces noms ne vous sont peut-être pas inconnus.

D'après certains vendeurs, qui jouent en outre sur la fibre écolo d'acheteurs amoureux de la nature, ces plantes sont supposées nettoyer votre intérieur, dépolluer vos pièces du gaz carbonique, retirer les parasites, les éléments chimiques en suspension dans les chambres, salons, cuisines. Leurs actions de dépollution viendraient de ce que ces plantes absorberaient, via leurs feuilles, leurs tiges ou leurs racines, les éléments polluants qui peuvent être sources de maladies ou de malaise. La plante les transformerait ou les éliminerait purement et simplement.

Il parait même qu'à chaque plante son polluant, le Gerbera contre le formaldéhyde, le Palmier bambou contre le benzène, le Pothos contre le monoxyde de carbone et même le cactus contre les ondes électromagnétiques (sic). Des études de la NASA (comme souvent) sont même avancées comme validation scientifique de leur action de dépollution.

Mais qu'en est-il vraiment ? En fait, les études de la NASA sur le sujet n'ont jamais été appliquées. Les expériences en condition de laboratoire ne sont malheureusement pas les mêmes que les conditions de vie dans une maison, et les résultats dans la vraie vie, i.e. dans un environnement normal, n'ont pas été concluants1. Quelle a été la conclusion du groupe de recherche de l'ADEME (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) qui a évalué "l'épuration de l'air intérieur par les plantes2" ?

Que "l'utilisation d’étiquettes mentionnant les vertus dépolluantes de certaines plantes vendues dans le commerce est prématurée à ce jour" et que "certains arguments favorables à la présence de plantes dans les espaces clos demeurent encore subjectifs. Les effets positifs fréquemment notés dans les bureaux contenant des plantes (augmentation de la productivité, diminution du stress, amélioration du bien-être...) n’ont encore jamais été mis en corrélation avec des variations de concentrations de polluants."

Bref, les plantes dépolluantes ne sont pas ce que les vendeurs voudraient en faire. Mais que ne ferait-on dans les jardineries pour augmenter ses ventes. Leur action ne remplacera évidemment jamais les véritables gestes qui permettent de dépolluer un intérieur vicié, à savoir ventiler et aérer les pièces.

1- Pollution de l’air intérieur : quel potentiel d’épuration par les plantes ? Observatoire de la qualité de l'air intérieur.
2- Dossier OQAI-ADEME-Faculté de Pharmacie de Lille sur l’épuration de l’air intérieur par les plantes.

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